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Le Visage et le Nom : les déesses comme « interface » 

Ivoire de style phénicien de Nimrud (IXe-VIIe siècle av.n.è.). Musée de Sulaymaniyah, Iraq.

Dans le cadre de la Journée « Dans les pas de Claude Calame », qui a eu lieu à Paris, le 10 novembre 2018, Corinne Bonnet a proposé une réflexion sur la manière dont les attributs onomastiques peuvent servir à exprimer un lien intime entre une déesse et un dieu. Pourquoi Astarté est-elle qualifiée de « Nom de Baal » dans des textes ugaritiques et phéniciens ? Que signifie au juste « Visage de Baal », accolé des milliers de fois au nom de Tanit sur les stèles inscrites du tophet de Carthage ? Dans les deux cas, ces appellations construisent la représentation de déesses puissantes, actives, performantes, précisément en raison de leur intimité avec le dieu. Si Astarté « Nom de Baal » fracasse la tête de l’ennemi, Tanit « Visage de Baal », toujours placée devant Baal Hammon dans les dédicaces du tophet, introduit la requête du dédicant, en tant que puissance d’intercession. Si l’on se tourne en direction de la Grèce, de l’Égypte, de la Mésopotamie et d’Israël, on trouve de nombreux indices de l’importance du nom et du visage comme voies d’accès à une certaine connaissance et à une interaction efficace avec le dieu. Le visage est le lieu de l’expressivité par excellence, qui permet, par exemple, à Zeus de décider du sort des Grecs et des Troyens par un simple mouvement du sourcil, tandis que le nom donne à voir qui est le dieu, comment il agit, comment aussi on peut agir sur lui. Le visage et le nom ont donc un rôle stratégique dans les relations hommes-dieux. C’est pourquoi leur inclusion dans des séquences onomastiques est extrêmement significative et demande à être ultérieurement approfondie, y compris dans les dispositifs iconographiques. Le projet MAP entend bien relever ce défi !

Pour plus d’informations sur la journée en l’honneur de Claude Calame.

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