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« Women who matter / Elles comptent aussi » 

Nommer les femmes. Au sujet de la Rencontre internationale « Women who matter / Elles comptent aussi ». Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/Paris, INHA, samedi 17 novembre 2018

 

Cette rencontre a permis de présenter la base de données Eurykleia, en cours d’élaboration. Son ambition est de reprendre le dossier du nom des femmes en s’affranchissant des présupposés, antiques ou modernes : dans quels domaines sociaux, économiques, politiques les femmes intervenaient-elles ? Quelles étaient les pratiques qui les rendaient visibles et celles où, bien que présentes, elles étaient cependant moins visibles ?

Le projet englobe l’ensemble du bassin méditerranéen, avec ses extensions orientales et occidentales. Il s’inscrit dans le temps long, du VIIIe siècle av. au IIIe ap. J.-C., afin de favoriser les comparaisons entre époques et sociétés diverses. Le corpus – qui ne vise pas à l’exhaustivité – rassemblera des noms de femmes qui ont effectivement vécu, si bien que les noms de déesses en sont exclus.

La démarche vise à privilégier l’étude du texte et du support qui produit le nom. Pourquoi un nom de femme est-il énoncé ? Quelles informations ces énoncés apportent-ils sur les femmes ? Quelles actions ont-elles accomplies ? À quel titre sont-elles nommées ? Avec qui ont-elles été en interaction ? Et quelle a été leur place dans l’historiographie ? L’originalité de la base de données réside dans l’attention portée aux modalités de l’énonciation : ne pas prendre au pied de la lettre les énoncés qui portent sur les femmes et comprendre les logiques qui président à la décision de rendre visible un nom.

La constitution de la base de données Eurykleia constitue une étape, pour alimenter des recherches futures. Elle donnera de la visibilité à des documents peu connus ou peu mobilisés, et fournira matière à des analyses sur la nature des actions et des fonctions prêtées aux femmes dans l’Antiquité. L’enregistrement des documents s’accompagnera d’un réexamen de la littérature scientifique pour déconstruire les interprétations rapides, fondées sur des présupposés anachroniques ou arbitraires.

Lors de la rencontre parisienne, l’accent a été mis sur l’épigraphie : lamelles de Dodone (A. Tatti), catalogues fonciers de Larissa (I. Pernin), inscriptions relatives à des fondations pour l’époque hellénistique (S. Aneziri) et documentation provenant de la province romaine de Lusitanie (R. Soutelo Gomes). La présentation de C. Taylor, sur les prétendus « noms de courtisanes », a montré les biais historiographiques (antiques et modernes) qui ont conduit à des déductions hâtives, lorsqu’il s’agit d’identifier des prostituées. Glukera, par exemple, est un nom largement porté, et qui peut aussi se décliner au masculin : il ne dit rien d’une éventuelle activité de courtisane.

 

Evénement organisé par :

Sandra Boehringer (Université de Strasbourg/UMR Archimède), Adeline Grand-Clément (Université Toulouse Jean-Jaurès/IUF/EA PHL-ERASME), Sandra Péré-Noguès (Université Toulouse Jean-Jaurès/UMR Traces), Violaine Sébillotte-Cuchet (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/UMR Anhima) avec l’aide de Daniela Ventrelli.

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