Programme Colloquium on March 2020

The programme of the second MAP colloquium, “Naming and Mapping the Gods in the Ancient Mediterranean. Spaces, Mobilities, Imaginaries”, is now available on the conference website! It takes place from March 25 to 27 at the Maison de la Recherche of the University Toulouse – Jean Jaurès, with about a hundred participants (communications and posters) divided into six sessions.

You can find it by clicking on the following link, which redirects you to the colloquium website: https://mappinggods.sciencesconf.org/resource/page?id=2&forward-action=page&forward-controller=resource&lang=en

The Ancient Mediterranean is a world full of gods. Far from being confined to their sanctuaries, the gods are rooted in the human environment in multiple ways: towns, crossroads, borders and boundaries, forests, mountains, seas and many other spaces where they continue to dwell. Equally, they colonise imaginary spaces, when poets and authors evoke their living areas or those that they move through on their different adventures. It is therefore logical that specialists on the Antiquity have studied the inscription of the divine in space for a long time already. In this perspective, the conference Naming and Mapping the gods in the Ancient Mediterranean. Spaces, Mobilities, Imaginaries hopes to bring together the competences and specialties of multiple disciplines – archaeology, history, geography, anthropology, history of religions, philology, reception, social network analysis – in order to consider new documentation corpora concerning the intersection between the divine and space. Subsequently, this intersection invokes a multitude of questions, which are given in the lines of approach below.

Furthermore, the conference aims to differentiate itself by proposing an innovative angle of approach, inspired by the themes of the ERC MAP project: the intersection between the spaces and designations of the gods. The ways of naming the divine powers, given that they are envisaged as ways to define, characterise, differentiate, but also to connect, effectively constitute many indexes of a dynamic and complex “mapping” of the divine. In this regard, many points have been proposed: Space as an onomastic trait, Naming the space of the gods, The ways of presenting the gods in space, Putting the gods and places in equation, Sanctuaries and the emergence of towns, Urban “religions”.

MAP will participate in a Discovery Day of the Humanities and Social Sciences “Avez-vous vu l’humain? “which will take place at the Muséum de Toulouse on Sunday, December 1, 2019 to celebrate the 80th anniversary of the CNRS. Aleksandra Kubiak-Schneider and Elodie Guillon will participate in the workshop “Prendre un café avec un chercheur” with a presentation entitled “Les dieux de Palmyre en réseaux”. Corinne Bonnet, with “Les dieux antiques ont-ils un corps ?” will contribute to the “Pechakucha”. Thomas Galoppin will join the “Echanges autour d’un objet” with his intervention “Des objets qui guérissent ou maudissent en Grèce et à Rome”.

Visualise Poster

 

 

 

For more information on this event, we invite you to follow the following links.

The link to the CNRS 80th anniversary site: https://80ans.cnrs.fr/evenement/avez-vous-vu-lhumain/

MSHS-T website: http://mshs.univ-toulouse.fr/spip.php?article1039&var_mode=calcul

Each session of the “The Names of the Gods! 4: Exploring the potentials of the name in images, in narratives” (October 2019 – May 2020) is recorded. Please, click on the following links to listen to the podcast of the MAP seminar.

14/10/2019 : Équipe MAP (UT2J) : L’imagination au pouvoir : potentialités sémantiques des noms divins, entre textes et images

14/10/2019 : Christian Frevel (Ruhr-Universität Bochum) : Baal Zebub – an epithet between mockery and reality

On October 17th 2019, Sylvain Lebreton represented the MAP project at the Fifth Meeting of the Res-Hist (Networks & History) group, “The person in question in the networks”, organized by Karine Karila-Cohen and Isabelle Rosé at the University of Rennes 2. After a brief presentation of the MAP-Database, he addressed the case of the divine onomastic attributes of Poseidon through the lens of network analysis. He also presented the formalization tool for divine onomastic sequences developed within the MAP project, which allows to cope with the links within divine onomastic networks, in all their diversity and complexity.

 

In order to inaugurate the research programme Pantheons in context: for a reasoned repertoire of lists of deities in ancient religions, coordinated by Gabriella Pironti (EPHE – ANHIMA), a collaboration has been set up with the ERC project Mapping Ancient Polytheisms and the research programme Penser en listes dans les mondes grec et romain co-led by Romain Loriol (Lyon 3 – Hisoma). On November 29-30, 2019, an exploratory meeting will examine the relationship between lists and ancient polytheisms from an interdisciplinary and comparative perspective.

When, where, why, in what contexts are the gods put in series? How can we understand this particular practice of the language of polytheism? What are the syntactic logics that govern the sequence of divine names? What analogies and differences can be observed between the divine lists within the various cultural areas taken into account?

 

2019-11-29.30_dieux en séries_programme 2019-11-29.30_dieux en séries_ affiche

2019-11-29.30_dieux en séries_programme

 

 

On September 12, 2019, Corinne Bonnet visited Véronique Dasen and her team at the University of Fribourg to continue an exchange that had been ongoing for almost two years between the two ERC Advanced Grant projects: MAP in Toulouse and LOCUS LUDI in Fribourg.

This sharing of experience is very fruitful in terms of method, strategic choices, teams and activities. It is therefore intended to continue in the coming years.

Prosper Mérimée: “ TVRBVLENTA, ce n’est point une trop mauvaise épithète pour Vénus. ”

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“Je m’accrochai sans trop de façons au cou de la Vénus, avec laquelle je  commençais à me familiariser.  Je la regardai même un instant sous le nez,  et la trouvai de près encore plus méchante et encore plus belle.  Puis  je reconnus qu’il y avait, gravés sur le bras, quelques caractères  d’écriture cursive antique, à ce qu’il me sembla. À grand renfort de  besicles j’épelai ce qui suit, et cependant M. de Peyrehorade répétait  chaque mot à mesure que je le prononçais, approuvant du geste et de la  voix.  Je lus donc:

VENERI TVRBVL…
EVTYCHES MYRO
IMPERIO FECIT

   Après ce mot TVRBVL de la première ligne, il me sembla qu’il y avait quelques lettres effacées ; mais TVRBVL était parfaitement lisible.

   ” Ce qui veut dire ?… ” me demanda mon hôte radieux et souriant  avec malice, car il pensait bien que je ne me tirerais pas facilement de  ce TVRBVL.

   ” Il y a un mot que je ne m’explique pas encore, lui dis-je; tout le  reste est facile.  Eutychès Myron a fait cette offrande à Vénus par son  ordre.

   – À merveille.  Mais TVRBVL, qu’en faites-vous ? Qu’est-ce que TVRBVL?

   – TVRBVL m’embarrasse fort.  Je cherche en vain quelque épithète connue de Vénus qui puisse m’aider.  Voyons, que diriez-vous de TVRBVLENTA ? Vénus qui trouble, qui agite… Vous vous apercevez que je suis toujours préoccupé de son expression méchante.  TVRBVLENTA,  ce n’est point une trop mauvaise épithète pour Vénus “, ajoutai-je d’un  ton modeste, car je n’étais pas moi-même fort satisfait de mon  explication.

   ” Vénus turbulente ! Vénus la tapageuse ! Ah ! vous croyez donc que  ma Vénus est une Vénus de cabaret ?  Point du tout, monsieur ; c’est une  Vénus de bonne compagnie.  Mais je vais vous expliquer ce TVRBVL…  Au moins vous me promettez de ne point divulguer ma découverte avant  l’impression de mon mémoire.  C’est que, voyez-vous, je m’en fais  gloire, de cette trouvaille-là… Il faut bien que vous nous laissiez quelques épis à glaner, à nous autres pauvres diables de provinciaux. Vous êtes si riches, messieurs les savants de Paris ! “

   Du haut du piédestal, où j’étais toujours perché, je lui promis  solennellement que je n’aurais jamais l’indignité de lui voler sa  découverte.

   ” TVRBVL…. monsieur, dit-il en se rapprochant et baissant la voix de peur qu’un autre que moi ne pût l’entendre, lisez TVRBVLNERAE.

   – Je ne comprends pas davantage.

   – Écoutez bien. À une lieue d’ici, au pied de la montagne, il y a un  village qui s’appelle Boulternère.  C’est une corruption du mot latin TVRBVLNERA. Rien de plus commun que ces inversions. Boulternère, monsieur, a été  une ville romaine.  Je m’en étais toujours douté, mais jamais je n’en  avais eu la preuve.  La preuve, la voilà.  Cette Vénus était la divinité  topique de la cité de Boulternère ; et ce mot de Boulternère, que je  viens de démontrer d’origine antique, prouve une chose bien plus  curieuse, c’est que Boulternère, avant d’être une ville romaine, a été  une ville phénicienne ! “

   Il s’arrêta un moment pour respirer et jouir de ma surprise.  Je parvins à réprimer une forte envie de rire.

   “En effet, poursuivit-il, TVRBVLNERA est pur phénicien, TVR, prononcez TOUR… TOUR et SOUR, même mot, n’est-ce-pas ? SOUR est le nom phénicien de Tyr; je n’ai pas besoin de vous en rappeler le sens.  BVL, c’est Baal; Bâl, Bel, Bul, légères différences de prononciation.  Quant à NERA, cela me donne un peu de peine.  Je suis tenté de croire, faute de trouver un mot phénicien, que cela vient du grec νηρός, humide, marécageux. Ce serait donc un mot hybride. Pour justifier νηρός, je vous montrerai à Boulternère comment les ruisseaux de la montagne y  forment des mares infectes.  D’autre part, la terminaison NERA  aurait pu être ajoutée beaucoup plus tard en l’honneur de Nera  Pivesuvia, femme de Tétricus, laquelle aurait fait quelque bien à la  cité de Turbul.  Mais à cause des mares, je préfère l’étymologie de νηρός. “

   Il prit une prise de tabac d’un air satisfait.

   ” Mais laissons les Phéniciens, et revenons à l’inscription.  Je  traduis donc: “À Vénus de Boulternère Myron dédie par son ordre cette  statue, son ouvrage.”

Mérimée, La Vénus d’Ille (1837)

The names give way to images which, in their great diversity are, in as much, possible “readings” of the potentials driven by names like “Baal, Lord of the Heavens”, “Zeus Europa” or “YHWH Sabaoth”. In parallel, and often in relation with the images, the names arouse narratives which are intended to establish, explain and contextualize the use of one onomastic and/or iconographic attribute or another. Conversely, narratives about divine names can inspire artists.

 

We hope to focus on names, images and narratives, seeking connections but also discrepancies, in order to highlight, from duly selected cases or files, the specifications of the different languages used to unfold the potentials of the divine names. We will pay special attention to the links that the names, the images and the narratives convey. Ultimately, we will approach the dialogue between names, images and narratives in context, specifically in a ritual situation, in order to measure the agency and the impact simultaneously.

MAP_Program Seminar 4

 

“Je m’accrochai sans trop de façons au cou de la Vénus, avec laquelle je commençais à me familiariser.  Je la regardai même un instant sous le nez, et la trouvai de près encore plus méchante et encore plus belle.  Puis je reconnus qu’il y avait, gravés sur le bras, quelques caractères d’écriture cursive antique, à ce qu’il me sembla. À grand renfort de besicles j’épelai ce qui suit, et cependant M. de Peyrehorade répétait chaque mot à mesure que je le prononçais, approuvant du geste et de la voix. Je lus donc :

VENERI TVRBVL…
EVTYCHES MYRO
IMPERIO FECIT

   Après ce mot TVRBVL de la première ligne, il me sembla qu’il y avait quelques lettres effacées ; mais TVRBVL était parfaitement lisible.

   ” Ce qui veut dire ?… ” me demanda mon hôte radieux et souriant avec malice, car il pensait bien que je ne me tirerais pas facilement de ce TVRBVL.

   ” Il y a un mot que je ne m’explique pas encore, lui dis-je ; tout le reste est facile. Eutychès Myron a fait cette offrande à Vénus par son ordre.

   – À merveille.  Mais TVRBVL, qu’en faites-vous ? Qu’est-ce que TVRBVL ?

   – TVRBVL m’embarrasse fort.  Je cherche en vain quelque épithète connue de Vénus qui puisse m’aider.  Voyons, que diriez-vous de TVRBVLENTA ? Vénus qui trouble, qui agite… Vous vous apercevez que je suis toujours préoccupé de son expression méchante.  TVRBVLENTA, ce n’est point une trop mauvaise épithète pour Vénus “, ajoutai-je d’un ton modeste, car je n’étais pas moi-même fort satisfait de mon explication.

   ” Vénus turbulente ! Vénus la tapageuse ! Ah ! vous croyez donc que ma Vénus est une Vénus de cabaret ?  Point du tout, monsieur ; c’est une Vénus de bonne compagnie.  Mais je vais vous expliquer ce TVRBVL…  Au moins vous me promettez de ne point divulguer ma découverte avant l’impression de mon mémoire.  C’est que, voyez-vous, je m’en fais gloire, de cette trouvaille-là… Il faut bien que vous nous laissiez quelques épis à glaner, à nous autres pauvres diables de provinciaux. Vous êtes si riches, messieurs les savants de Paris ! “

   Du haut du piédestal, où j’étais toujours perché, je lui promis solennellement que je n’aurais jamais l’indignité de lui voler sa découverte.

   ” TVRBVL…. monsieur, dit-il en se rapprochant et baissant la voix de peur qu’un autre que moi ne pût l’entendre, lisez TVRBVLNERAE.

   – Je ne comprends pas davantage.

   – Écoutez bien. À une lieue d’ici, au pied de la montagne, il y a un village qui s’appelle Boulternère.  C’est une corruption du mot latin TVRBVLNERA. Rien de plus commun que ces inversions. Boulternère, monsieur, a été une ville romaine.  Je m’en étais toujours douté, mais jamais je n’en avais eu la preuve.  La preuve, la voilà.  Cette Vénus était la divinité topique de la cité de Boulternère ; et ce mot de Boulternère, que je viens de démontrer d’origine antique, prouve une chose bien plus curieuse, c’est que Boulternère, avant d’être une ville romaine, a été une ville phénicienne ! “

   Il s’arrêta un moment pour respirer et jouir de ma surprise.  Je parvins à réprimer une forte envie de rire.

   “En effet, poursuivit-il, TVRBVLNERA est pur phénicien, TVR, prononcez TOUR… TOUR et SOUR, même mot, n’est-ce-pas ? SOUR est le nom phénicien de Tyr ; je n’ai pas besoin de vous en rappeler le sens. BVL, c’est Baal ; Bâl, Bel, Bul, légères différences de prononciation.  Quant à NERA, cela me donne un peu de peine. Je suis tenté de croire, faute de trouver un mot phénicien, que cela vient du grec νηρός, humide, marécageux. Ce serait donc un mot hybride. Pour justifier νηρός, je vous montrerai à Boulternère comment les ruisseaux de la montagne y forment des mares infectes.  D’autre part, la terminaison NERA aurait pu être ajoutée beaucoup plus tard en l’honneur de Nera Pivesuvia, femme de Tétricus, laquelle aurait fait quelque bien à la cité de Turbul. Mais à cause des mares, je préfère l’étymologie de νηρός. “

   Il prit une prise de tabac d’un air satisfait.

   ” Mais laissons les Phéniciens, et revenons à l’inscription. Je traduis donc : “À Vénus de Boulternère Myron dédie par son ordre cette statue, son ouvrage.”

Mérimée, La Vénus d’Ille (1837)

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