Cartographier les dieux en plusieurs langues

Cartographier les dieux en plusieurs langues : les attributs onomastiques dans les inscriptions bilingues gréco-phéniciennes.

Comment s’adresse-t-on aux dieux en plusieurs langues ? Corinne Bonnet et Maria Bianco se sont penchées sur les attributs onomastiques des dieux apparaissant dans les inscriptions bilingues gréco-phéniciennes. Qu’en est-il des noms des dieux dans le passage d’une langue à l’autre ? Entre traduction, adaptation et interprétation, les éléments qui composent les noms divins se transforment, mais selon quelles logiques ? En parcourant l’ensemble du corpus des inscriptions bilingues gréco-phéniciennes, on revisite la catégorie d’interpretatio et montre ce que les contextes multilingues apprennent en termes de stratégies rituelles.

S’adresser aux dieux en deux langues. Le cas des épiclèses dans les inscriptions bilingues phéniciennes et grecques“, Parcours anthropologiques 13 (2018).

Maria BIANCO

Nous avons le plaisir d’annoncer que le projet MAP organise un Workshop à la Conférence Annuelle de la European Association of Biblical Studies (EABS), qui se tiendra à l’université de Varsovie du 11 au 14 août 2019. Le Workshop est intitulé « Gods in Translations: The Many Names of Ancient Semitic Gods » et l’appel à communications est ouvert jusqu’au 28 février 2019.

Pour plus d’informations et pour soumettre une proposition de communication, suivez le lien.

 

Fabio Porzia

Quels outils numériques pour quelles questions historiques ? Journée Mastériale « Histoire et numérique » organisée Karine Karila-Cohen. Rennes, Université Rennes 2, 10 décembre 2018.

Cette journée d’étude a réuni des historiens de diverses périodes et champs historiques, mais aussi des chercheurs en sciences dures habitués à travailler sur des données SHS. Elle a donné l’occasion de présenter aux étudiants de Master d’Histoire un large éventail d’outils numériques utilisés pour la recherche historique, permettant de traiter des documents et des questions historiques variés. L’objectif principal était d’interroger le rapport dialectique entre métier « traditionnel » de l’historien et savoir-faire numérique, et notamment l’interaction entre questionnement historique d’une part, et outils numériques et méthodes quantitatives d’autre part.

Dans ce cadre, Élodie Guillon, Antoine Laurent et Sylvain Lebreton, de l’équipe MAP, ont présenté une communication intitulée « La base de données du projet Mapping Ancient Polytheisms : réflexions sur la construction et l’enrichissement d’une base de donnée relationnelle appliquée à l’histoire des polythéismes antiques », dans laquelle ils ont exposé des réflexions méthodologiques relatives aux polythéismes antiques et à leur étude par le biais d’outils numériques.

PDF : 2018-12-10_Mastériales_Rennes_AFFICHE

Nommer les femmes. Au sujet de la Rencontre internationale « Women who matter / Elles comptent aussi ». Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/Paris, INHA, samedi 17 novembre 2018

 

Cette rencontre a permis de présenter la base de données Eurykleia, en cours d’élaboration. Son ambition est de reprendre le dossier du nom des femmes en s’affranchissant des présupposés, antiques ou modernes : dans quels domaines sociaux, économiques, politiques les femmes intervenaient-elles ? Quelles étaient les pratiques qui les rendaient visibles et celles où, bien que présentes, elles étaient cependant moins visibles ?

Le projet englobe l’ensemble du bassin méditerranéen, avec ses extensions orientales et occidentales. Il s’inscrit dans le temps long, du VIIIe siècle av. au IIIe ap. J.-C., afin de favoriser les comparaisons entre époques et sociétés diverses. Le corpus – qui ne vise pas à l’exhaustivité – rassemblera des noms de femmes qui ont effectivement vécu, si bien que les noms de déesses en sont exclus.

La démarche vise à privilégier l’étude du texte et du support qui produit le nom. Pourquoi un nom de femme est-il énoncé ? Quelles informations ces énoncés apportent-ils sur les femmes ? Quelles actions ont-elles accomplies ? À quel titre sont-elles nommées ? Avec qui ont-elles été en interaction ? Et quelle a été leur place dans l’historiographie ? L’originalité de la base de données réside dans l’attention portée aux modalités de l’énonciation : ne pas prendre au pied de la lettre les énoncés qui portent sur les femmes et comprendre les logiques qui président à la décision de rendre visible un nom.

La constitution de la base de données Eurykleia constitue une étape, pour alimenter des recherches futures. Elle donnera de la visibilité à des documents peu connus ou peu mobilisés, et fournira matière à des analyses sur la nature des actions et des fonctions prêtées aux femmes dans l’Antiquité. L’enregistrement des documents s’accompagnera d’un réexamen de la littérature scientifique pour déconstruire les interprétations rapides, fondées sur des présupposés anachroniques ou arbitraires.

Lors de la rencontre parisienne, l’accent a été mis sur l’épigraphie : lamelles de Dodone (A. Tatti), catalogues fonciers de Larissa (I. Pernin), inscriptions relatives à des fondations pour l’époque hellénistique (S. Aneziri) et documentation provenant de la province romaine de Lusitanie (R. Soutelo Gomes). La présentation de C. Taylor, sur les prétendus « noms de courtisanes », a montré les biais historiographiques (antiques et modernes) qui ont conduit à des déductions hâtives, lorsqu’il s’agit d’identifier des prostituées. Glukera, par exemple, est un nom largement porté, et qui peut aussi se décliner au masculin : il ne dit rien d’une éventuelle activité de courtisane.

 

Evénement organisé par :

Sandra Boehringer (Université de Strasbourg/UMR Archimède), Adeline Grand-Clément (Université Toulouse Jean-Jaurès/IUF/EA PHL-ERASME), Sandra Péré-Noguès (Université Toulouse Jean-Jaurès/UMR Traces), Violaine Sébillotte-Cuchet (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/UMR Anhima) avec l’aide de Daniela Ventrelli.

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